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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 15:23

A J+4 comme prévu je retourne faire un contrôle.

Comme d’hab’ monito, écho, TV ... et là oooh miracle je suis ouverte à un doigt.


Comme on m’avait prévenu, cette fois ci on me garde, il me feront revenir dans l’après midi entre 17h et 17h30 pour m’hospitaliser et me déclencher.

On retourne à la maison, on en profite pour donner les instructions à ma belle sœur pour qu’elle puisse s’occuper de notre chienne.


Cette fois ci c’est sûr je reviendrais à la maison avec mon bébé, je ne serais plus en mode 2 en 1, il sera bien là, on rentrera à 3, on sera une famille !

On arrive à la mater’ pour 17h30, je suis hospitalisée dans le service des grossesses patho, on me conduit dans ma chambre, à ma grande déception je suis en chambre double, mon homme ne pourra donc pas rester avec moi cette nuit !


Super ils vont me déclencher, je vais vivre le travail seule, souffrir seule, sans soutien de mon homme, je suis super déçue, énervée et effrayée aussi.

Je m’installe malgré tout, on me file une blouse, on me met sous monito, puis à 18h45 début du déclenchement, ils choisissent la méthode du ballon (méthode mécanique), en gros ils me posent une sonde qui est fait de deux ballons, une fois en place ils gonflent les ballons, ça comprime et provoque les contractions.

C’est pas très agréable, ça ressort du vagin, et ils scotchent ça le long de la jambe.


C’était soit la sonde retombe seul ce qui voulait dire que mon col c’était ouvert, soit ils me l’enlevaient le lendemain matin.


¼ d’heure à peine après la pose de la sonde, les contractions arrivent, moi qui ne savait pas ce qu’était une contractions douloureuse pour le coup je suis vite mise à la page.


Ils m'ont enlevé le monito vers minuit si mes souvenirs sont bons.


Les contractions sont rapprochées très rapprochées jusqu’à 2h du matin, je souffre énormément, je souffre seule, je voudrais qu’il soit là, qu’il me tienne la main.


J’essaie de gérer, je finis par m’endormir une fois que les contractions se sont arrêtées.


Le lendemain, 8h ils décident de m’enlever la sonde, ils m’examinent, et là à ma plus grande joie, rien à changer, col pareil que la veille, je me demande pourquoi j’ai autant souffert ... ben c’est clair pour rien du tout !


Ils optent pour une autre méthode de déclenchement, le propess (méthode chimique cette fois ci), en gros c’est comme un tampon.


Ils me le posent à 9h20, je suis prévenue les contractions vont être bien douloureuse, d’après la sage femme un déclenchement est plus douloureux que des contractions naturelles, du coup j’appréhende à fond !


Les contractions arrivent vers 10h45, à nouveau j’essaie de gérer, de me rappeler mes cours de prépa, on m’examine de temps en temps, mon col ne bouge pas, je fais plusieurs tours dans le couloir avec mon homme histoire de faire avancer les choses, mais rien !


Les heures passent, les contractions sont de plus en plus douloureuse, et je commence à ne plus gérer, à hurler à chaque contraction, en plus elles sont très rapprochées, je n’ai pas de répits, je hurle, pleure … ma pauvre voisine qui subit tout ça, et tout l’étage aussi … je hurle tellement !


Je supplie qu’on fasse quelque chose, on me réexamine ça avance enfin, mais pas beaucoup … mon homme ne sait plus quoi faire, il me tiens la main, me soutiens, ça fait du bien.


A chaque fois je dois traverser le couloir, pour aller en salle d’examen, me sortir du lit, marcher est un supplice !


Et bien sûr aucune position me soulage, je n’arrive pas à rester assise, donc impossible de faire du ballon ... je voudrais seulement être seule dans cette chambre, juste être avec lui, qu’on vive ça juste à deux … mais non j’ai ma voisine, et sa famille qui assistent à tout ça, put*** pourquoi j’ai pas accouché avant mon terme, pourquoi j’ai besoin de ce put*** de déclenchement !


Je ne sais plus quelle heure il est à ce moment là, mais mon col est à 3, la sage femme me parle d’un truc à calculer pour savoir si je peux avoir la péri … oui je peux l’avoir, on me dit qu’on va voir si on peux me descendre au bloc, elle revient me sort la phrase que j’ai adoré « j’ai une mauvaise nouvelle » ... il n’y a plus de place au bloc !


Comment vous dire comment je me suis sentie à ce moment là ... je pouvais plus, je voulais cette put*** de péri, j’ai jamais autant souffert de ma vie, je ne savais pas comment je pouvais encore passer des heures comme ça, je voulais juste être soulagée rien d’autre !


Je continue donc de hurler toutes les 3 minutes environ, mon homme n’en peux plus, les minutes passent, les heures même, il peux plus me voir comme ça, quitte la chambre fou de rage, file dans le bureau des sages femmes, il n’a pas besoin de parler elles comprennent, viennent me voir, disent qu’il n’y a toujours pas de place, je leur dit qu’il faut faire quelque chose, que je n’en peux plus, que je ne sais plus gérer, elle me dit qu’elle va voir avec je ne sais plus qui, si on peux me donner de la morphine, parce que tu parles leur spasf** et dolipra** me font quedalle !


A 18h je sens quelque chose couler, je pense à la poche des eaux, mon homme file chercher quelqu’un, en effet c’est bien ça, j’apprends que je suis strepto positif, elle me mets un perf’ d’antibio, elle vient de se renseigner une femme vient d’accoucher elle doit encore rester 1h30 dans la salle d’accouchement, puis ensuite le temps qu’on nettoie, etc, etc ...


C’est encore plus l’horreur de savoir qu’il me reste encore tout ça à subir, de décompter les minutes, je demande si on peut me poser la péri dans la chambre, je ne sais même pas pourquoi j’ai demandé je sais que la réponse est « non » !


Finalement je n’aurais pas de morphine, parce que je me rapproche un peu plus du bloc.


On me re-examine, je suis soit disant à 4/5 ... je suis ravie, ça avance (re soit disant ...).


Il est près de 20h quand on vient enfin me chercher pour m’emmener au bloc, le brancardier assure il fonce, je vois les couloirs défiler, mon homme n’arrive même pas à suivre en marchant.


On me fait entrer au bloc, pendant ce temps là on donne sa superbe tenue à mon homme.


La sage femme qui m’a suivit depuis la veille, m’a accompagné jusque là, l’anesthésiste demande si on me fait la péri assise ou allongée, la sage femme répond que je serais incapable de m’asseoir, c’est parti pour la pose de la péri ... 

Je flippe que les contractions reviennent, la femme devant moi (une infirmière anesthésiste) m’engueule limite parce que je ne gère pas mes contractions (oui mais madame t’es pas au courant que je souffre depuis 11h du mat’ hein et qu’il est 20h passé !) … il galère un peu pour la péri, ça prend une bonne dizaine de minute vu que j’ai du mal à faire le dos rond à cause des contractions … bon ça y est c’est enfin posé !


Je suis soulagée mais seulement d’un côté, on rappelle l’anesth’, il trifouille son bazar, voilà ça y est, ça va mieux !


On m’examine, et là oh tiens comme c’est bizarre, elle trouve que je ne suis qu’à 3 … va t’en comprendre !

A force d’être sur le côté droit, la douleur revient à gauche, on change de position, rebelote, à force d’être à gauche, je ressens la douleur à droite, l’anesth’ m’avait bien dit que je pouvais appuyer autant de fois que je le voulais sur mon truc, que ça me redonnerait une dose, et que je ne peux pas être en surdosage, mais moi j’ose pas, trop peur de ne plus rien sentir au moment de devoir pousser.


A chaque contraction j’ai des hauts de cœur, mais ça va pas plus que ça envie de vomir.

La sage femme voit que je souffre m’encourage à appuyer , je finis pas le faire de peur que la douleur revienne comme avant, et je suis enfin soulagée et pour de vrai !


On m’examine à nouveau je suis à 4.


On écoute la musique, on avait ramener notre base pour Ipho**, notre musique à du succès, chaque personne qui entre dans la pièce, nous dit quelque chose, la sage femme chante, on sourit, on rigole.


Dans quelques heures, il sera là, dans nos bras, après ces 4 années de galère, on va enfin avoir notre bonheur à nous, NOTRE BEBE, mais j’ai du mal à réaliser que c’est ma vie, notre vie, que c’est nous qui vivons tout ça, malgré mes 9 mois de grossesse, malgré le déclenchement est tout ce qui va avec !


De temps en temps son cœur fait des accélérations, on nous dit que ce n’est pas grave, le monito sonne à chaque fois, quelqu’un vient à chaque fois, mais ils continuent de dire que ça va.


Plusieurs heures passent, son cœur continue de faire des accélérations, ils décident de tester ses réserves, ils prélèvent une goutte de sang sur son crâne pour pouvoir vérifier … le résultat est bon, il feront ça plusieurs fois.


Mon col ne bouge plus, il est toujours à 4, on commence à me parler de césarienne, me disant qu’on en ai pas encore là, mais qu’il fallait que ça soit dans un coin de ma tête.


Ca fait maintenant 3 heures que mon col est à 4, et presque autant que son cœur fait des accélérations, la sage femme me dit qu’elle appelle les médecins qu’elle va voir avec eux, mais qu’on partira sans doute en césa.


Je pleure, décidément tout m'échappe dans cette accouchement !


On me dit qu’il ne faut pas que je prenne ça comme un échec, mais c’est pas du tout ça, je suis tout simplement déçue, depuis le début j’avais peur d’une césa, et là voilà !


Le médecin arrive, me parle, m’explique que ça fait trop longtemps pour lui, que mon col n’avance plus, malgré le changement de position, malgré une perf fait pour accélérer les contractions, c’est sûr j’y échapperais pas, on va m’emmener en salle pour pouvoir faire la césa.


Je tremble un peu, on me dit que c’est l’effet de la péri.


On m’emmène au bloc, mon homme restera dans la salle à côté (alors qu'ils m'avaient dit qu'il pourrait rester à côté de moi).


Je tremble comme pas possible, je ne contrôle plus mon corps, on me pose des couvertures chaudes sur les bras, et cette fois ci j’ai belle et bien envie de vomir … et hop ça c’est fait aussi, vive les effets de la péri … enfin je préfère ça et l’avoir eu, je suis pas folle non plus hein (au passage chapeau à celles qui accouchent sans péri !)


L’anesth ‘ me tient la main, essaie de calmer mes tremblements … au passage top cet anesth’ !

Je ne sais pas combien de temps ça a mis, j’ai du mal à remettre les choses dans l’ordre, peut être parce que c’est douloureux cette étape dans ma tête ...


Ca y est ils ont sorti mon bébé de mon ventre, me le pose sur moi mais derrière le champs, me disent de le toucher, et puis quelqu’un dit non pas tout de suite, finalement ils l’emmènent, je demande pourquoi il ne pleure pas, ils m’expliquent qu’en cas de césa ça ne vient pas forcément tout de suite.


Je pleure, je pleure de joie, mon fils est là, mon fils est né ... ais je ne l’ai toujours pas vu.


Mon homme vient enfin me le montrer, mais je ne le vois pas vraiment, il ne peux pas s’approcher pour ne pas voir ce qu’ils me font, j’essaie de tourner la tête à fond, mais je ne le vois toujours pas correctement, je ne l’ai toujours pas touché, toujours pas eu sur moi, toujours pas embrasser !


Il m’emmène en salle de réveil, mon homme entre avec mon fils dans les bras, je l’aperçois rapidement, mais là on lui demande de ressortir car ils vont installer une autre maman  … je ne comprends toujours pas pourquoi ils lui ont demandé de sortir … j’attends, j’attends, ça me semble interminable mais je ne les vois toujours pas revenir !


J’ai très mal à la cicatrice, j’ai une perf de morphine mais ça ne me soulage pas, je demande à une personne du personnel si c’est normal et là la réponse qui tue : « Les médicaments qui font effet au bout d’une minute, ce n’est qu’à la télé, quand vous prenez un efferal** ça ne passe pas tout de suite … ben là c’est pareil ! » ... ok merci « connasse » je vais continuer de souffrir et fermer ma gueule !


Je réclame à ce qu’ils aillent les chercher, la même « connasse » me répond qu’ils étaient débordés !


Et là ENFIN je découvre mon fils,  enfin on me le donne, enfin je l’embrasse, 1h30 après sa naissance ... il était plus que temps !


J’essaie de le mettre au sein il y arrive avec de la difficulté (j’ai subi une chirurgie mammaire, j’y reviendrais dans un prochain article sur mon allaitement).


Mon homme m’explique que quand il l’a vu arrivé il était bleu, qu’ils ont du rapidement lui faire des soins ... personne ne nous a rien dit sur ça, rien sur son carnet de santé mis à part qu’ils l’ont aspiré. J’ai demandé au pédiatre qu’il l’a vu le jour de sa sortie, elle m’a répondu qu’ils avaient sans doute du faire vite mais que ce n’était rien de grave.


Les heures passent et nous sommes toujours en salle de réveil, au lieu de 2 heures nous y sommes restés presque 6 ... ils ont eu énormément de césa en urgence cette nuit là, beaucoup d’hémorragies ce qui explique qu’ils n’ont pas pu rappeler mon homme plus tôt, et que nous sommes restés là autant de temps.


Et enfin ils nous montent dans ma chambre, nous voilà tous les trois, me voilà en famille, avec MA famille ... mon homme, mon bébé, et moi, quel bonheur tant attendu !

 

 

 

 

J’aurais mis presque deux mois à finir d’écrire tout ça, c’est très douloureux pour moi, j’ai beaucoup pleuré en l’écrivant.


Ce n’est pas cette cicatrice que j’ai sur le ventre qui me gêne, non ce qui me gêne, c’est cette impression de n’avoir pas accouché, on m’a volé mon accouchement, on m’a volé nos premiers instants.

 
Pendant ces 4 années d’attente, j’avais idéalisé ce moment, je pensais qu’on allait découvrir notre enfant ensemble, là je n’ai pas pu voir la réaction de mon homme, je n’ai pu voir ni toucher mon enfant qu’1h30 après sa naissance.


Beaucoup me dise que l’essentiel c’est qu’il soit en bonne santé, je suis d’accord avec ça … mais je vous assure j’ai beaucoup de mal quand même à accepté tout ça !

 
C’est un peu comme un parcours de PMA, si tu l’a pas vécu tu ne comprends pas.

 
Ma sœur à beaucoup souffert aussi de ses césariennes, je ne comprenais pas, je me disais à l’époque vu que j’étais dans l’attente, que l’essentiel c’est d’avoir un enfant en bonne santé et peu importe comment il arrive … Oui MAIS ça n’empêche cette souffrance !

 


Il y a pire situation, mais il y a mieux aussi ...

 

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Published by L'handicapé des ovaires.
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commentaires

ketsia 03/07/2014 01:19

Je comprend totalement ce que tu as vécue. J'ai vécus sensiblement la même chose. Je n'ai pas vue mon fils que 2 heures après sa naissance. J'ai eu l'impression que c'étais pas le bébé qui étais dans mon ventre que je voyais. Une césarienne c'est très dur à vivre.

Luciole 21/10/2013 14:43


un récit très touchant!!!!! comme toi je pense que je l'aurais mal accpeté, surtout le fait que tu ne semblais pas être vraiment écouté...


c'est vrai que cela doit être frustrant de vivre une césarienne, surtout si comme dans ton cas, tu ne vois pas ton enfant de suite et que tu dois subir encore et toujours une attente pour tout..


 


 

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